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DUO /// Stéphanie Jacques et Anaïd Fertéexposition

07.10 > 10.12
mar, jeu, ven / 14:00 > 17:00
sam, dim / 14:00 > 18:00
Le Gilson /// rue de Bouvy 11 /// La Louvière
Deux artistes pour cette nouvelle confrontation picturale !
ANAÏD FERTÉ
anahidferte.wixsite.com/anaidferte
Concernant mon approche artistique, je privilégie un processus de création instinctif et spontané, laissant l'œuvre se créer naturellement, en évitant de faire trop intervenir la réflexion. Je développe un travail en gravure et en sculpture textile, autour du féminin, de la transformation et du double.
L'objet de la poupée a une place particulière, comme objet hybride et symbolique, archétype de la figure de l'inconscient collectif.
La tension entre l’intérieur et l’extérieur me pose question, dualité que je traverse en tant que femme plasticienne : mettre au monde et mettre face au monde une création... Cela m’amène à évoquer la place de la femme dans le champ de la création. L'idée de la création contient celle de la créatrice, et la notion de mouvement de l'une à l'autre implique une distanciation et une traversée de l'espace intime vers l'espace social.

STÉPHANIE JACQUES
www.stephanie-jacques.net

Faire de la sculpture
C'est notamment l'exploration de savoir-faire liés au végétaux qui est à l'origine de mon travail de sculpture. J'ai commencé par tailler le bois pour dégager la forme en enlevant de la matière. Aujourd'hui, je tresse, noue, assemble des matières souples, disponibles autour de moi.

J'aime qu'il y ait de l'espace dans la sculpture, il y a des ouvertures, de la transparence. Ce ne sont pas des masses, mais des volumes ouverts, troués. Mon apprentissage technique, je l'ai acquis essentiellement auprès d'artisans. J'avais besoin d'approches non scientifiques et non académiques. Avec la vannerie par exemple, pas besoin de moule, il est possible de créer des volumes autoportants avec ses mains. Mais le végétal et la matière textile ne sont pas tout. J'enduis souvent mes volumes pour qu'il devienne autre chose.

En 2012, une petite robe réalisée en câble de téléphone blanc a déclenché un nouveau processus de création. Ce contenant m'a permis de parler de désir, de manque, de questions sur l’identité sexuelle, des corps, de comment s’accommoder avec l’illusion des apparences. J'ai eu envie de faire sentir que cette robe est habitée par un corps, sans représenter ce dernier. Dans ce travail, je tiraille cette robe, je la tords, l'habite et je la jette aussi, pour aller vers d'autres formes. Aujourd'hui, alors que ce processus de transformation a eu lieu, cette robe disparaît de mon travail. La robe s’est métamorphosée en bouteille de Klein. Depuis longtemps je cherche à créer une figure qui tienne debout et étrangement c'est en quittant l'idée de la verticalité que c'est devenu possible. Actuellement, je poursuis cette recherche où le corps se mêle à des formes géométriques et topologiques.

C'est dans cette dynamique que j'ai réalisé des vidéos dans lesquelles j'agis avec des objets tressés. Chaque objet y est le jouet d'une transformation. Il y a un retournement de situation pour que l'objet quitte son statut d'objet de contemplation. Un sujet agit sur des objets et cette action produit un troisième élément : l'ombre. Elle a sa vie propre, elle prend des formes indépendantes de ce qui la génère. L'ombre est une projection et en même temps elle me fait l'effet de percer l'écran. C'est comme un trou dans la réalité. L'ombre complexifie l'image. Une part nous échappe.

Faire de la sculpture me permet, de temps en temps, de faire l'expérience d'un autre état d'être. Là où quelque chose reste vivant malgré tout, pousse de l’intérieur, fait craquer les carapaces, déborde. Ma façon de tresser les parois de mes volumes, de les enduire, de les assembler, tente de rendre perceptible cette dimension de nos existences.