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ARTour
ARTour 2011

DÉRIVATIONS


Sous le titre générique Dérivations, la thématique des différentes expositions et créations proposées dans le cadre de la huitième édition de la biennale ARTour aborde de différents points de vue les notions de territoire et de déplacement. Le sujet se réfère à la situation géographique et à l’histoire du développement de la région dans laquelle s’inscrit la biennale : le Centre, situé à un croisement dense d’axes de communication, routiers ou liés à un réseau de canaux et de chemins de fer.
Le déplacement induit un rapport à la géographie, à la cartographie - objective ou subjective - d’une région, à sa perception, à une histoire collective liée à un territoire, à une population, aux moyens de déplacement mêmes.
Avec un humour distancié, le thème d’ARTour 2011 poursuit aussi l’idée de vagabondage, d'errance, de cheminement, qui relève d’un état d’esprit particulier, d’un rapport au temps différent, à la lenteur. La relation au pèlerinage, au plaisir de la découverte, en appelle à la divagation, à la poésie, évoque les chemins de traverse, les dérivations.
Références à l'esprit des situationnistes, à l'auteur Jacques Lacarrière (Chemin faisant, 1973), aux chemins droits qui sont toujours différents ou mènent inévitablement à un croisement, à l'esprit Bul, enfin, et à l'escargot… qui se déplace à la vitesse de l'éclair.



Musée Ianchelevici - La Louvière

Machines improbables

Frank GRYFFROY - Didier MAHIEU - PANAMARENKO - Luc SCHUITEN - Lieven STANDAERT - Raphaël August OPSTAELE

L’exposition questionne la notion de déplacement à travers l’utilisation de machines improbables ou visionnaires envisagées comme créations délibérément poétiques ou alternatives aux problèmes de mobilité.

Au-delà de la marche, le déplacement mécanisé a attiré et grisé l’Homme depuis toujours.

S’appuyant sur les avancées théoriques, techniques et technologiques contemporaines à leur époque, quelques visionnaires ont pensé vaincre l’apesanteur ou maîtriser la vitesse. Un désir de se déplacer, entre réalité et fiction, performance et destruction dont les conséquences sur l’environnement sont aujourd’hui préoccupantes.

"Des machines improbables sont nécessaires pour franchir l’espace qui nous sépare de l’utopie." En invitant à la fois des plasticiens et des scientifiques à exposer (ingénieur, architecte), le musée Ianchelevici souhaite multiplier les angles d’approche. Certaines «machines» exposées, dont la fonctionnalité n’est pas l’objet premier, relèvent davantage du voyage imaginaire, pour lequel le chemin parcouru a moins de sens que les images mentales suscitées par l’idée de déplacement. D’autres, au contraire, sont le fruit de la technologie et d’une réflexion pour une mobilité plausible en adéquation avec la nature.

Pourtant, au premier regard, rien ne distingue l’engin fonctionnel de la machine onirique : engins à pédales, ailes télécommandées, roues motrices, mécanique amphibienne, ces machines offrent une identité hybride entre technique et poésie. Le plasticien joue à l’apprenti sorcier tandis que le scientifique nous donne à rêver à travers d’étranges vaisseaux. Dans les deux cas, la machine improbable rejoint l’utopie, permettant le passage vers un monde harmonieux.

Valérie Formery, conservatrice



Centre de la Gravure et de l’Image imprimée - La Louvière

Chemin faisant … Un parcours dans les collections du Centre de la Gravure

Pierre ALECHINSKY - Georg BASELITZ - Christiane BAUMGARTNER - Gabriel BELGEONNE - Carole BENZAKEN - Jean-Charles BLAIS - Annick BLAVIER - Louise BOURGEOIS - Marcel BROODTHAERS - James BROWN - Pierre BURAGLIO - Balthasar BURKHARD - Pol BURY - Eduardo CHILLIDA - Claude CLOSKY - Kikie CREVECŒUR - Peter CUNLIFFE - Michel DEGAND - Jim DINE - Jean DUBUFFET - Lise DUCLAUX - Michel FRANÇOIS - Donald JUDD - Paco KNÖLLER - Barbara KRUGER - Thierry LENOIR - Sol LEWITT - Takesada MATSUTANI - Roberto MATTA - Joan MIRÓ - Muriel MOREAU - François MORELLET - Robert MOTHERWELL - Zoran MUSIC - Mimmo PALADINO - Pablo PICASSO - Françoise ROY - Jean-Pierre SCOUFLAIRE - Sean SCULLY - Richard SERRA - José Maria SICILIA - Kiki SMITH - Nancy SPERO - Antoni TAPIES - Jean-Michel VAILLANT - Bram VAN VELDE - Philippe VANDENBERG - Dirk VANDER EECKEN - Catherine VIOLLET - Els VOS - Marthe WÉRY - Thierry WESEL - Sarah WIAME

Chemin faisant...

L’exposition propose six cheminements pluriels à travers les collections constituées au Centre de la Gravure durant près de trois décennies. Quittant la route de l’histoire de l’art, elle tente de remédier à l’impossibilité d’une présentation exhaustive par une approche axée sur diverses orientations complémentaires aussi représentatives que possible des sensibilités graphiques de notre temps. Elle se veut dès lors subjective, parfois ludique, engagée ou réductrice mais certainement jubilatoire.

Qu’ils soient de ronde ou de croix, la sagesse populaire voudrait que tous les chemins mènent à Rome. Il conviendrait donc de sortir des sentiers battus, d’en emprunter des droits, des creux, des tortueux, des détournés, d’aller, peut-être, à la dérive mais de ne pas y aller par quatre chemins…

Ce parcours gravé, qui déambule à travers diverses thématiques, n’en reste pas moins un réquisitoire destiné à mettre en valeur les spécificités de l’estampe. Le monde de l’art imprimé est plus que jamais marqué par un caractère expérimental et combinatoire. Bon nombre d’artistes viennent à ce medium pour en explorer les multiples possibilités et élargir ainsi leur champ d’expression. La grande variété des procédés utilisés, allant des moyens les plus traditionnels aux plus novateurs,
va de paire avec la mise au point de formules inédites, bien souvent finalisées au sein d’ateliers dans lesquels les imprimeurs jouent un rôle primordial. Si matrice, support et impression font l’objet de multiples investigations, les questionnements sur le rôle de l’image font également partie des nouveaux champs exploratoires de l’estampe contemporaine.

Dominique Durinckx
gestionnaire de la collection, documentaliste-bibliothécaire au Centre de la Gravure et de l’Image imprimée



Centre Daily-Bul & Co, La Louvière

Détours et autour de Pol Bury

Dérivations autour des mélangeurs, cinétisations et ramollissements de Pol Bury. Avec l’installation de cinq bronzes (Volumes figés) de Pol Bury dans le jardin du Centre Daily-Bul & Co (avec l’aimableautorisation de Velma Bury et la collaboration de la Fondation Folon).

Les Volumes figés

Si, habituées par un moteur, les sculptures de Pol Bury simulent volontiers l’immobilité, ses Volumes figés (dépossédés de toute énergie électrique et de facéties mécaniques) semblent se jouer du mouvement et de ses apparences.

Un geste se désarticule dans le déploiement impassible de ses phases.

Sculptures réduites, aux dimensions des deux mains qui les approchent et des objets qui s’en rapprochent, elles allient des transparences métalliques à des légèretés d’envol, et décomposent en tablettes (sur leurs tranches la lumière éparpille ses effets) des élans retenus. (A.B.)



Château Gilson, La Louvière

Céramique contemporaine

Coline ROSOUX, Caroline ANDRIN, Hugo MEERT, Laurence MOYENS, Manon CLOUZEAU

Ces cinq artistes nous montrent combien la céramique est aujourd’hui éloignée de l’idée que l’on pouvait encore s’en faire à l’aube des années 1990. C’est un medium en dérivation ou en glissement vers l’horizon commun des arts dits contemporains.

Caroline Andrin (née en 1972) a été formée par Philippe Barde dans l’atelier de céramique de l’École Supérieure d’Arts Appliqués de Genève. Spécialiste de la porcelaine coulée comme son maître, Caroline Andrin explore l’univers textural des objets du quotidien pour les traduire dans la porcelaine. Ses œuvres vont plus loin que le simple emprunt ou la transposition, elles instaurent un lien entre l’universel et l’intime. Un couvre-chef en laine et un bonnet de bain en silicone se métamorphosent en bols. La moitié d’un tube en carton devient vase. Grâce au retrait de la porcelaine durant la cuisson, l’autre moitié conservée sert d’étui protecteur au précieux matériau.

Conférencier à La Cambre, Hugo Meert (né en 1964) est un créateur loufoque. Il explore les frontières entre art et design, entre le beau et le laid, entre l’utile et l’inutile avec un humour grinçant. Il questionne avec rudesse les principes fondamentaux et les stéréotypes liés aux matériaux qu’il utilise ainsi que la condition humaine. L’idée de fragilité est contenue dans Terrarist, un vase mutilé par une figurine assaillante. Le plat Afrikashox, dont la forme reprend la géographie du continent africain, rappelle l’indifférence occidentale face à la famine. Fuite, mégaphone en porcelaine inspire le silence. Enfin, Fuck T est une théière qui clame, par sa forme provocatrice, non seulement sa totale indifférence à l’histoire du thé mais aussi l’hypocrisie humaine.

Diplômée de La Cambre en 2007, Laurence Moyens (1983) réalise des sculptures et des installations autour de la perception stéréotypée que nous avons de l’art de la table au XVIIIe siècle. Elle pose des formes sexuées sur de fausses consoles, renvoyant à un imaginaire reconnaissable sans le représenter frontalement. Matières et empruntes textiles ne laissent aucun doute quant au sens de son œuvre. Laurence Moyens enseigne la céramique dans un atelier de réadaptation psychosociale (L’Équipe).

Toujours étudiante en sculpture à la Cambre (Professeur Johan Muyle), Manon Clouzeau (1988) a été diplômée en céramique en 2010 après une année d’Erasmus à Genève (HEAD). Dans le cadre d’un réseau interuniversitaire (ECART), elle a créé trois modèles de tasses « organiques » en porcelaine dont les formes dérivent directement d’intervention sur le moule en plâtre. A La Louvière, elle travaille sur la présence physique d’éléments disparus, le dialogue entre des matériaux (lait, pierre artificielle, plâtre, etc.) dont la blancheur est évocatrice de multiples réalités.

Après avoir fréquenté l’École d’Arts appliqués Pivauts à Nantes (2002-2003) et l’École supérieure des Beaux-Arts d’Angers (2003-2008), Coline Rosoux (1984) a prolongé ses études à La Cambre en 2010. Elle n’a pas attendu d’être diplômée pour se faire remarquer. En 2008, elle exposait avec humour La pipe à la Biennale internationale de Vallauris. Récemment, Sèvres Cité de la Céramique
a accueilli durant six mois l’installation qu’elle montre cette fois à La Louvière. Sa figuration complexe nous invite dans un monde fantastique, onirique et débridé, peuplé de monstres joyeux tout droit sortis de légendes universelles qu’elle reprend et détourne librement. Religion et folklore, doublés d’un regard touchant sur le monde, sont les principales composantes de son œuvre d’une
écriture si singulière.



Musée Royal de Mariemont - Morlanwelz

Céramique contemporaine

Bean FINNERAN

Kéramis, Centre de la céramique de la Communauté française, présente une installation de l’artiste américaine Bean Finnegan.

Bean Finneran vit près de San Francisco sur les berges d’un marais salant, en pleine nature. Cette précision est importante pour la compréhension de son oeuvre. Celle-ci est pensée et conçue en permanence devant le spectacle immuable et pourtant à chaque instant si changeant de la nature.

Bean Finneran, par son travail, nous révèle cette nature qu’elle aime. Mais il faut être clair, elle ne cherche pas à l’imiter. Ses oeuvres sont volontairement abstraites. Ce que Bean Finneran nous donne à voir est une recomposition à partir d’éléments observés qui relèvent des principes fondamentaux
de la vie et non de son aspect extérieur. La représentation de la nature au travers de paysages telle qu’elle est pratiquée par l’homme – depuis des siècles d’activité artistique – n’intéresse pas Bean Finneran.

L’observation privilégiée de la nature lui a permis, derrière l’apparent désordre du spectacle qu’offre la vie, de percevoir des forces et principes immuables. La matière vivante, organique, est une construction constituée d’éléments – toujours les mêmes – assemblés pour une durée plus ou moins limitée.

Transposés symboliquement, ces derniers deviennent autant de signes réunis et organisés. Des signes formés d’une même entité de base : un colombin de terre auquel la cuisson donne une forme aléatoire, curviligne. Ces forces et principes inhérents à la nature, Bean Finneran les intègre dans son processus de création et les rend volontairement perceptibles dans l’œuvre finie par un apparent désordre dont se dégage malgré tout une impression d’équilibre.

Son expérience sensible de la nature, Bean Finneran souhaite la partager au travers des lieux que sont les galeries et les musées qui l’exposent. Des sites qui se trouvent en milieu urbain dans des espaces limités qui sont donc, par essence, à l’opposé des espaces ouverts et illimités de la nature où la présence humaine est forcément sporadique. Ce choix est calculé, stratégique même. Les éléments prélevés – mentalement – dans la nature y sont finalement simplement transposés. La céramique, les pigments utilisés et le temps de l’installation sont le véhicule des impressions sensorielles vécues par Bean Finneran (…). Son œuvre a quelque chose à voir avec le Land art dont elle se détache pourtant. Elle en retient les principes de base mais les détourne à sa convenance.

Le recours à des matériaux bruts, à des gestes simples voire primitifs – l’accumulation –, enracine ses interventions dans une vision romantique de la vie proche de la nature.

Yves Peltier
Curateur, spécialiste de la céramique d’art contemporain



Ecomusée du Bois-du-Luc, Houdeng-Aimeries

A la surface (Les racines de Bois-du-Luc)

Thomas LAUREYSSENS

Bois-du-Luc, c’est une mémoire qui voyage du tangible à l’intangible. Dans sa dimension tangible, il suffit de parcourir le site avec sa cité ouvrière, ses nombreux équipements collectifs, sa fosse, ses ateliers, ses bureaux et son paysage façonné par l’activité minière, pour palper la longue histoire d’un charbonnage et les multiples destins de milliers d’Hommes qui y ont travaillé et vécu. Dans sa
dimension intangible, la mémoire de Bois-du-Luc c’est celle, précisément, de tous ces travailleurs, extraits d’horizons proches ou lointains. C’est aussi celles de ceux qui y habitent et qui n’ont plus ou pas de liens avec le passé minier. Pour retrouver cette mémoire, Thomas Laureyssens s’est arrêté aux périphéries du site là où s’élèvent les terrils. Sur les pentes de ces collines artificielles, poussent, bon an mal an, des arbres aux racines chancelantes, s’agrippant difficilement au seuil terrestre.

Des arbres déracinés, métaphore de la fragilité d’une mémoire qui flotte autour de Bois-du-Luc sans vraiment s’arrimer. En surface est une expérience participative, réunissant plusieurs générations d’habitants de Bois-du-Luc, qui met en relief les liens entre l’écosystème du territoire postindustriel et la situation sociale des habitants qui vivent au sein d’un lieu façonné par une mémoire qui leur échappe, inévitablement.

Creuser la terre pour retrouver les racines ; appréhender l’ampleur des parties invisibles car enfouies sous terre ; extraire les fragments de racines ; retrouver, sous la poussière et la terre, l’épiderme de la racine sont les étapes d’une expérience collective ou opération d’archéologie, ici, mémorielle.

De dépôts de stériles, les terrils se muent ainsi en dépôts des archives mémorielles de Bois-du-Luc et de ses habitants. Les arbres déracinés sont recouverts d’un enduit, d’une peau, apte à être tatouée, apte à recueillir les fragments de la mémoire collective. Des arbres comme l’appui d’une mémoire réappropriée.

Une vidéo documentaire garde la mémoire de cette expérience participative à découvrir aussi via une carte où géographie physique et géographie mentale seconfrontent, déterminant ainsi les contours d’une terra incognita.

Karima Haoudy, Conservatrice



péniches Ville de La Louvière et Scaldis

Ephameron

Le travail d’Ephameron est imprégné d’une grande sensibilité : avec des images et des textes simples, l’artiste tente de recréer les sentiments que l’on éprouve au quotidien, de capter, avec son art, les moments simples de la vie. Les mains, les oiseaux et les jeunes filles qui constituent ses thèmes récurrents vivent dans un monde imaginaire, constitué d’émotions, de fonds diaphanes, et de dessins ponctués de ruban adhésif, qui conservent toujours l’aspect inachevé d’un croquis.

Ses dessins, collages, peintures digitales, photographies, reflètent les aspects éphémères et triviaux de la vie quotidienne.

Ephameron travaille en free lance comme illustratrice, graphiste, web designer, photographe et artiste peintre. Elle a déjà collaboré avec entre autres Weekend Knack, Focus Le Vif, De Standaard, Modart, The Bulletin, Flanders Today, Averbode, Bries...

Elle participe très régulièrement à des expositions de groupe en Belgique et ailleurs (France, Italie, Pays-Bas, Allemagne, USA, Australie, Chine, Afrique du Sud, etc.), et présente aussi plusieurs expositions personnelles par an. Elle utilise ce qui lui reste de temps libre pour organiser elle-même des expositions, des salons de livres small press et des publications fanzine. Son premier livre, Love/Pain, publié en avril 2006 par les éditions Bries (Anvers), rassemble tous ses travaux d’illustration, de peinture et de photographie, réalisés entre 2000 et 2006, suivi par un second livre, Found+Lost, toujours chez Bries en 2009.

Pour la biennale ARTour 2011, Ephameron, en se référant au transport fluvial, a choisi de traiter le thème de la fluidité. Elle imagine les vitres sur lesquelles elle intervient, dans le hall d’accueil de l’ascenseur funiculaire de Strépy-Thieu et sur les bateaux touristiques de la Province de Hainaut, comme les parois d’un immense aquarium et son monde se peuple d’innombrables bancs de poissons…

Comme si le ciel se trouvait de l’autre côté du miroir d’eau.



Ascenseur à bateaux de Strépy-Thieu

8,96 m

Pierre LAZAURA

8,95m est une création in situ conçue spécialement par Pierre Larauza pour l’immense salle des contrepoids de l’ascenseur funiculaire de Strépy-Thieu. Pierre est architecte et plasticien, connu également pour ses créations en arts vivants avec le collectif pluridisciplinaire t.r.a.n.s.i.t.s.c.a.p.e.
Une reproduction architecturale à l’échelle 1 du record du monde de saut en longueur donne son titre à cette oeuvre multiple et crée une sorte d’allégorie de la démesure.

L’installation à la fois humorisitique et documentaire met en relation l’immensité du lieu avec la distance -invraisemblable- du saut (record toujours détenu depuis 1991 par Mike Powell avec un saut à 8,95 mètres).

La reproduction architecturale joue sur la matière mais respecte à l’identique les différentes étapes du saut et la trace laissée dans la zone de chute par Mike Powell à Tokyo en 1991.

Un dialogue poétique s’opère ainsi entre différents dispositifs plastiques et l’architecture hors normes de l’ascenseur à travers un traitement spatialisé des sons émanant de la machinerie des contrepoids et un jeu subtil de lumières.

Le spectateur, par sa déambulation dans ce lieu impressionnant, se confronteainsi à une expérience à la fois visuelle et sonore.



Centre de l’Eau, Seneffe

Frederik HEYMAN 

Trauma 1

Frederik Heyman utilise la photographie, le dessin, la vidéo pour créer des scènes irréelles et des histoires mises en scène à l’aide de matériaux simples.

Pour ARTour, l’artiste propose une nouvelle scénographie qui s’intègre à l’architecture originale du Centre de l’Eau, une présentation en trois dimensions de photographies, Œuvres vidéo, dessins et accessoires issus des nombreux projets qu’il a menés jusqu’à présent. Une installation dans laquelle se chevauchent des œuvres choisies dans les séries comme The Weather Project et The Rooftop Project sont associées pour créer quelques histoires complexes à démêler, reliées entre elles par
la vision artistique générale et le langage propre à l’auteur.

Frederik Heyman nous montre un monde où la fantaisie et la réalité dépendent l’une de l’autre. Il utilise des moyens simples pour emmener le spectateur dans une histoire à laquelle il peut adhérer, comme lorsqu’Alice tombe dans le terrier du lapin... Beauté, poésie et horreur sont les traces qu’il faut suivre à l’intérieur d’un esprit complexe, le travail de Frederik Heyman est souvent une réflexion sur la vie - personnelle et affective, parfois traumatisante.

Le processus de création peut être très long pour aboutir à l’oeuvre. Dans un premier temps, une série de dessins préparatoires sont combinés pour composer la mise en place d’un décor théâtral minutieusement composé. La scène qui en résulte est le modèle de la photographie dont l’image identique, lorsqu’elle s’anime mystérieusement à l’aide de quelques artifices, devient le sujet d’une
vidéo. Ce dialogue de genres engendre des connections et des interprétationsnouvelles, une dérivation du sujet.



Château fort - Ecaussinnes-Lalaing

Jérôme Considérant    

Au départ d’une recherche graphique inspirée par l’étymologie du nom Écaussinnes, qui viendrait du latin calcinae (four à chaux) ou de skalkinas, dérivé de skalka, serf en ancien germain, Jérôme Considérant propose de synthétiser l’histoire du château transcrite au moyen d’une signalétique actuelle et décalée.

Avec une note d’humour, les néo-tapisseries créées pour l’occasion illustrent l’apparition du cerf/serf travaillant pour le château planant au dessus du cerf/ serf comme dans un songe, inaccessible et rêvé.

Le château en mouvement tenant dans ses bras une clef (évocation des accès sécurisés du château), un four à chaux (évocation des activités locales), la balance de la justice (le seigneur avait droit de basse, moyenne et haute justice sur ses terres) et une hache (présente dans les armoiries des Croÿ).

Les enluminures reprennent aux quatre bords les fours à chaux, la justice, les chevaliers et les losanges et animaux ailés qui ornaient les blasons des Lalaing.



Ancienne église des dominicains, Braine-le-Comte

Cartographies subjectives

Brigitte DESNAULT - Samuel COISNE - Jeroen HOLLANDER  

Revenir au centre

L’installation de Brigitte Desnault est conçue comme une métaphore du chemin que chacun doit parcourir avant de « revenir au centre », c’est-à-dire de trouver ce lieu serein et confortable, à l’intérieur de soi, parfois aussi à l’extérieur, qui permet de se ressourcer.

Les trajets pour y arriver peuvent être très compliqués, très emmêlés; on peut parfois avoir l’impression d’être pris dans une toile d’araignée qui nous piège ou de se perdre dans des chemins de traverse qui nous éloignent de l’essentiel en nous faisant dévier de notre trajectoire.

Mais l’effort consenti pour créer notre propre chemin à travers une géographie toute personnelle est récompensé par la découverte d’un espace réconfortant et apaisant. On peut alors s’y poser un temps, avant de repartir sur de nouveaux chemins, assuré d’avoir trouvé notre centre, et de pouvoir y revenir aussi souvent que nécessaire.



Collégiale Saint-Vincent, Soignies

Pèlerivage

Umberto BERGAMASCHI - Marc BIS - Sylvain COSIJNS - Agnès DEWAELE - GALIENI - Jean-Paul GODART - Jean-Marie HEYLIGEN - Simone HUBY - Geneviève LAFFONT

D'une rive... l'autre

Se déplacer, voyager, pérégriner, péleriner, aller voir ailleurs... Serait surtout un moyen de savoir d’où on vient.

Par vœu, par obligation, pour fuir une réalité ou par curiosité ; par la médiation d’un objet, d’une image ou d’un geste ; seul ou en communauté ; l’homme se met en route. De Délos à Jérusalem, de la Mecque à Lourdes en passant par les rives du Gange, il s’engage sur ce qui sera un rituel itinérant de purification. Une carte, un GPS, un bâton à la main, il part pour les grands chemins mais aussi autour de l’église paroissiale ou sur un jeu de l’oie ; par le plus simple ou le plus tortueux des chemins, sur un tracé ou s’engage l’insatiable recherche de soi.

Comment les « êtres différents » vivent-ils cette idée de voyage ?

Hors ou dans le paysage, quelles sont les images de leur découverte intime ? Est-elle seulement concevable ?

En nos régions, le fou, le simple d’esprit, l’hystérique, mais aussi le malade victime de migraines était confié le 8 juin à saint Médard qui protégeait par ailleurs des accidents lors des travaux de la ferme et des chutes de cheval.

L’innocent incarne l’illusion de la pureté et mieux que l’homme savant peut déjouer la comédie humaine des pouvoirs.

Sa « monstruosité » liée à une capacité supposée à filtrer le sacré n’est pas le fait du « mal ». Le simple serait habité par le vol de l’esprit favorable au voyage intérieur.

Et son identité, réduite en miettes, nous renvoie à notre pesanteur tragique, toile de fond à l’existence humaine.

Jean-Pierre Denefve



Carrefour de la chaussée de Mariemont, la rue du Parc et la ligne de train La Louvière-Charleroi, Morlanwelz

Au Carrefour. Croisements des chemins et du temps

Edurne RUBIO

La recherche d’Edurne Rubio a toujours été menée en rapport avec la perception individuelle ou collective du temps et de l’espace. Intéressée par les contextes qui font de la perception une donnée variable et mutante, oubliée ou archivée... elle cherche à mettre en association ou en opposition des façons de percevoir la réalité avec l’objectif de créer une deuxième réalité composée.

Depuis quelques années, son travail se rapproche du documentaire et de l’anthropologie, avec des interviews (vidéo ou audio), des images d’archives, des recherches sur la communication orale. Elle présente des projets à travers différents formats, médias et situations : des trajets, des rencontres, des conférences, des installations, Internet, etc.

Attirée par la périphérie des situations purement artistiques, elle est intéressée par la création de lieux d’échange à la limite d’un espace spécifique à l’art contemporain et d’un espace plus large et indéfini où la culture se construit et se transforme.

Pour ARTour 2011, Edurne Rubio réalise un projet spécifique en lien avec l’histoire et la géographie de la région, en amenant les outils qu’elle a développés ces dernières années. À partir de la réalisation d’interviews avec un large éventail de personnes différentes, elle construit un récit collectif à partir de la mise en commun des récits individuels.

Une bande sonore à écouter sur place, entre l’audio-guide et le documentaire, un voyage dans le temps et l’espacedans un carrefour, un point radial à partir duquel plusieurs chemins sont possibles pour la dérive.



Maison du Peuple - Le Combattant, Morlanwelz

Errances N°30

Vita DRAPPA

Le N°30, c’était le tram qui reliait La Louvière à Morlanwelz. Il n’existe plus, mais lorsqu’on en parle aux gens de la région, beaucoup s’en souviennent, l’ont emprunté. Il fait partie de leurs souvenirs et de la mémoire collective.

Moi, je l’ai pris pour rentrer de l’école, je descendais au Progrès, aujourd’hui l’arrêt "Coopérative". C’est là que se trouve la première Maison du Peuple de Belgique. Les anciennes photographies, les traces, la mémoire, le passage du temps me fascinent.

Je suis originaire de Jolimont, issue de l’immigration italienne, mon histoire individuelle rejoint l’histoire collective de cette région où beaucoup d’Italiens sont venus pour travailler, et retourner au pays. Ma famille, comme beaucoup d’autres familles, est restée dans la région. Je suis née à Jolimont.

J’ai choisi pour mes interventions trois lieux populaires situés le long de l’ancienne ligne de tram N°30. J’y invite le visiteur à une errance, à pied, en bus, en pensées.…De la Maison du Peuple de Jolimont, où apparaissent celles et ceux qui contribuèrent au progrès social, à la Grand-Place de Morlanwelz, où se trouvait le terminus du tram N°30. Celui-ci a disparu,…mais pas tout à fait, nous verrons pourquoi si nous prenons le temps d’y arriver et de chercher des traces. Tout à côté, il y a aussi le bistrot Au Combattant, local d’une société de gilles du carnaval de Morlanwelz. Là, sur les tables, surgissent des portraits, des cartes, des mots, des fragments du passé. Des phrases issues du livre Rue des Italiens de Toni Santocono, qui ont un effet miroir et un rapport direct avec Morlanwelz. Des photos de famille, privées, se mélangent aux textes. Du Combattant, nous pouvons repartir et errer en pensées, en bus, ou à pied.…

Vita Drappa.



Musée Gallo-romain, Waudrez

Audrey FINET 

Une œuvre qui,à l’occasion de la biennale ARTour,est mise en rapport avec les objets trouvés sur le site lors des fouilles archéologiques et avec le tracé rectiligne de la voie romaine Bavay-Tongres.