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ARTour
ARTour 2007

Ne vois-tu rien venir ?

Cette importante manifestation propose un large espace de diffusion et de création in situ à des artistes plasticiens reconnus et promeut ainsi l'art d'aujourd'hui à travers un ensemble d'expositions et d'interventions d'artistes dans différents musées et lieux remarquables sur le plan patrimonial. Par ailleurs, le circuit établi entre les différents sites offre au public la possibilité de découvrir la diversité des paysages, des monuments, du patrimoine architectural et industriel de la région du Centre. Un thème est proposé à chaque édition de la biennale, créée en 1997.

A l'occasion de son dixième anniversaire, le thème choisi fait directement référence à l’un des aspects qui caractérise le territoire du Parc des Canaux et... Châteaux, dont la (re)découverte est l’un des objectifs de cette importante manifestation estivale. Ce territoire communément connu pour son passé industriel et laborieux possède en effet un patrimoine remarquable de châteaux de différents styles et époques : châteaux forts, châteaux de l’industrie, château néo-gothique, châteaux de plaisance, domaines intacts ou vestiges.


 
Le titre générique de cette sixième biennale " Ne vois-tu rien venir ? " fait allusion à un conte de Charles Perrault. Le fil conducteur qui reliera les expositions et interventions d’artistes en 2007 est inspiré de l’imaginaire lié au château, un thème largement ouvert qui pourra être abordé à partir de différents points de vue (pas seulement celui de La Barbe Bleue). Le château sera décliné en de multiples créneaux : dans sa dimension symbolique, sombre ou lumineuse, historique, onirique, utopique, romantique ou fabuleuse. Le thème pourra aussi être traité en rapport avec la fonction de ce type d'édifice ou, de façon plus formelle, en relation avec des éléments architecturaux.

De pierre, de carton pâte, d’eau ou de sable, de rêve, de conte de fée ou de cauchemar, mystérieux, insaisissable, en Espagne ou à Bois-Du-Luc, le château ponctuera le chemin de ronde des expositions et des créations conçues spécialement par les artistes pour les lieux qu’ils investiront. Car il y a château et château : celui du directeur, celui de la Comtesse, le fort, le petit, le château d’apparat, restauré ou en ruine. A Bois-du-Luc, La Louvière, Morlanwelz-Mariemont, Ecaussinnes Lalaing, Feluy, Ronquières et Braine-le-comte autant d'espaces revisités par des créateurs d’horizons différents.

Installations, sculptures, céramiques, gravures, peintures, photographies éclaireront, interpréteront le thème générique proposé et dialogueront, en correspondance, intégration ou confrontation, avec le caractère propre à chacun des sites repris dans le parcours proposé au public.

Eric Claus


Maison du Tourisme du Parc des Canaux- La Louvière

Les éditions du carré

Pol Authom / Sophie Avelange/ Fabien Belanger (Ca) / Marina Boucheï / Philippe Bouillon / Loiola De Zarate (Esp) / Maciej Guzniczak (Po) / Thomas Hucq / Lukasz Kurzatkowski / Leslie Léoni / Guillaume Monchaux / Olivier Sonck / Mariusz Soltysik (Po) / Nina Vanhaverbeke / Michaël Van Puyvelde

Créées voici plus de dix ans au sein de l’atelier de gravure - image imprimée de l’École supérieure des Arts plastiques et visuels (E.S.A.P.V.), sise au Carré des Arts à Mons, les Éditions du Carré ont permis de tisser des liens artistiques non seulement entre les étudiants et le personnel enseignant, mais aussi avec des intervenants extérieurs, tant belges qu’étrangers. Ces derniers témoignent ainsi de leur intérêt pour cet art et pour la promotion des jeunes graveurs en particulier. La participation régulière à des expositions et une politique de vente très souple permettent de diffuser les oeuvres de ces artistes, en herbe ou confirmés, auprès d’un large public. Ouvrir un des vingtsept petits boîtiers des Éditions du Carré, c’est partir à la découverte des techniques variées de l’image imprimée, traditionnelles (gravure, lithographie, sérigraphie...) ou contemporaines (infographie). La sixième biennale ARTour a donné l’occasion à quinze artistes (étudiants, professeurs, artistes invités) de réagir au thème de cette année, le château, et de nous en proposer leur vision toute personnelle. Château fort, de cartes, gonflables... Images évidentes, prétextes à des jeux de formes et de matières. Chacun, avec sa sensibilité propre, vous invite dans son château... Sont présentés ici quinze multiples, regroupés dans un boîtier au format 9 x 21 cm, ainsi qu’un ensemble d’images au format 60 x 60 cm créées pour l’occasion par les artistes participant à l’édition. Parallèlement à l’exposition, Pol Authom intervient sur le sol du centre ville en créant au moyen de pochoirs une signalétique entre les trois lieux louviérois de la biennale (Musée Ianchelevici, Maison du Tourisme, Centre de la Gravure et de l’Image imprimée).

Maison du Tourisme, Edition du Carré

Musée Ianchelevici - La Louvière

Era odata / Il était une fois - Contes et légendes de Roumanie

Horia Avram (R) / Clotilde Ancarani / Elodie Antoine / Cathy Perraux / Mireille Liénard Agnès Ribault (F) / Sylvie Ronflette / Jean-Claude Saudoyez / Denyse Willem 

Le Musée Ianchelevici déclinera le thème des châteaux retenu pour la sixième biennale d'art contemporain ARTour à travers une exposition consacrée aux contes et légendes de Roumanie.

Le Musée fête en effet son vingtième anniversaire en 2007 et, pour l'occasion, une partie de la programmation établira un lien avec la Roumanie, terre natale du sculpteur Ianchelevici dont les œuvres constituent la collection permanente du Musée.

L'imaginaire des châteaux touche aussi à celui des légendes. Présent dans la plupart des contes, le château est tour à tour un symbole positif ou maléfique. Synonyme de pouvoir, de protection, de spiritualité et de merveilleux il demeure un support puissant à nos projections mentales.

A l'instar des contes de Grimm ou de Perrault, les légendes valaques, moldaves ou transylvaniennes sont elles aussi nourries d'arcanes types tels que la bravoure, l'humilité, le bien triomphant du mal, la combativité.
Le vocabulaire poétique passe ici aussi par les dragons, loup, sirène, nymphes, géant de la forêt, et autres princesses promises au plus valeureux des chevaliers.

Pour ce projet, neuf contes roumains parmi les plus connus ont été sélectionnés. Des plasticiens contemporains: sculpteurs, installateurs, peintres, illustrateurs ou vidéastes seront conviés à nous en livrer une interprétation. Gageons que les images littéraires seront suffisamment fortes pour alimenter l'imaginaire des plasticiens.
En préambule à cette exposition, on rappellera l'origine et la place des contes dans la société à travers une sélection d'objets (recueils, cartes, jeux, jouets, etc.) liés à l'imagerie populaire.

Artour 2007, Musée Ianchelevici


Centre de la Gravure et de l’Image imprimée - La Louvière

Un rêve habité

Un choix dans les collections du Centre de la Gravure

Jean Pierre Scouflaire / Armand Simon / Luc Van Malderen / Guy Wéry / Thierry Wesel / Léon WuidarKarel Misek / Mimmo Paladino / Bruno Robbe / François Schuiten / Bruce Mc Combs / Jean-Pierre Leclef / Jacky Lecouturier / Takesada Matsutani / François-Wavier Lalanne / Jean-Luc Herman / Raimo Kanerva / Kozuke Kimura /Daniel Fauville / sixten Haage / Pierre Alechinsky / Assadour / Pol Bury / Sophie Calle / Jean Coulon / Brunot Coutellier / Alain de Zan / Alain Delattre / Olivier Deprez / Emir Dragul

Par nature autant que par destination le domaine de l’architecture renvoie à un univers de raison, de calcul, de mesures. Tout se doit d’y être ordonné, construit et durable.

Pourtant cet art du raisonnable se double – et ce dès l’aube des civilisations – d’une charge sociale exacerbée.

Art dominant par sa taille, par son positionnement dans l’espace, l’architecture devient parfois modèle politique. Symbole de puissance, référence divine et virtuelle, l’architecture rappelle au fil des paysages l’histoire des pouvoirs, dont la lutte apparaît à travers des hauteurs de plus en plus élancées, des décors de plus en plus abondants, des charges symboliques omniprésentes !

Pour ces raisons peut-être, l’architecture fut et demeure un lieu privilégié du discours utopique. Se libérant de la topographie, elle devient alors projection imaginaire ou idéale et renvoie simultanément à une critique de l’ordre établi.

Retrouvant le langage universel que parlait l’Humanité avant qu’elle ne se partageât en nations, cette architecture de nulle part et de n’importe quand se présente comme une promesse de « bonheur pour tous » à travers la mise en place d’alternatives urbaines et sociales.

Depuis la publication du livre Utopie de Sir Thomas Moore, en passant par les univers concentrationnaires et sombres de Piranese pour rejoindre les espaces visionnaires et utopiques d’architectes tels Ledoux et Boullée, les rêveurs de constructions idéales et de villes morales ont fait surgir le vertige de l’irréel grâce à l’image imprimée…

Immense dérision des formes qui renvoient à elles-mêmes avant de revenir en nous, chargées d’imaginaire et du poids de l’Histoire collective ou personnelle.

Chez nous en Communauté française la densité du paysage construit limite l’espace et le regard, sans empêcher – ou provoquant peut-être ? – l’envol de l’esprit et d’une certaine mentalité liée au « socialisme utopique ». Qu’il suffise de se rappeler la dimension utopique de l’Art Nouveau dans nos régions, qui impliquait une transformation sociale à partir de l’intégration de tous les arts dans la vie de tout un chacun.

Aujourd’hui encore beaucoup d’artistes, parmi lesquels bon nombre de graveurs, donnent cours à leur imagination construisant et déconstruisant « l’art du bâtir ». Le futur y devient antérieur, le passé s’y futurise, la pensée s’y libère de son conditionnement quotidien. En décrypter le sens, en trouver le fil conducteur est ici essentiel pour pénétrer et habiter leurs rêves.

Catherine de Braekeleer

Directrice du Centre de la Gravure et de l’Image imprimée.

Artour Art contemporain

ecomusée du Bois-du-Luc - Houdeng-Goegnies

En trompe-l’œil... la cité radieuse

Cathy Weyders

Sculpturillus
Cette sculpture, sorte de “parasite”, est une molécule organique étrange. A travers une recherche portée sur “l’architecture-microbe”, elle se développe tel un virus dans mes réalisations. Une espèce bactérienne en voie d’apparition... Une structure parallèle créant une ouverture dans l’espace moléculaire perturbant mystérieusement le réel. Une sculpture pénétrable à l’échelle humaine, on s’y engouffre comme dans un couloir bleu. D’aspect monstrueux, aux énormes mandibules et aux pattes tentaculaires, elle avale et digère un public trop curieux...

Robin Vokaer

« Buy nothing today »
L’installation proposée s’inscrit dans le prolongement de l’oeuvre intitulée “ Buy Nothing Today “, exposée au Château de Jehay, durant l’été 2005. La tour réalisée à partir de vieux meubles entendait poser un regard critique sur notre société de surconsommation. Ici, c’est en référence au passé minier de la région et, selon une double problématique, que Robin Vokaer a conçu son installation. D’une part, il procède à une inversion de la dynamique socio-économique en implantant le produit fini, sous la forme d’électroménagers, sur le site duquel naguère on extrayait la houille destinée à la transformation industrielle. D’autre part, en jouant sur les formes cubiques des objets installés, il fait clairement allusion aux volumes architecturaux de la cité minière, “ Les Carrés “, qui jouxte le puits de mine, sans y être intégrée : des remparts et tout un appareil défensif séparent, en effet, l’outil de travail du coron.

Nathalie Doyen

Nathalie Doyen élabore ses travaux en douce simplicité. Oeuvrant par expérimentations et intuitions, elle crée minutieusement une multitude de modules qui – assemblés – composent un espace graphique et musical. Elle y interroge la structure mais aussi le mouvement, le rythme et le temps...
Février 2003
Bénédicte Merland

Jacques Iezzi

Le château, c’est aussi la forteresse qui cloître ses sujets, à l’image de cette porte du site de Bois-du-Luc à l’allure de herse. Cette monumentale et lourde cloison d’acier au mécanisme de guillotine symbolise la période faste de l’industrialisation minière avec ses bâtisses imposantes de briques rouges et son utilisation massive du fer tels ses chevalements de puits de mine. Ces structures de croisillons de métal entre potence et mirador, élancées ou ramassées, aux formes pures, entaillent le ciel pour devenir de nouveaux monuments. Le projet consiste en une construction métallique légère et aérienne qui allie le concept de la porte/herse et du chevalement dans une volonté de fragilité. Deux formes ogivales de six mètres de hauteur, des guérites jumelles, reliées par une poutre, symbolisent la porte du château. L’édifice expérimente les limites du travail du fer : utiliser les plus faibles sections et le moins de traverses possibles, courtiser des contraintes qui rappellent lechâteau de cartes. Ces deux tourelles sont dessinées dans l’espace par de faibles arceaux qui se dressent, stabilisés par une clef de voûte où passe une chaîne en traction, tendue par deux poids en équilibre qui mettent la structure en compression. Ces charges constituées à partir de briques rouges s’inscrivent dans une forme de grain de riz aux dimensions humaines, un mégalithe en suspension, clin d’oeil à l’architecture du lieu.

Anne Catherine Lonchay

J’ai construit la thématique de mon travail comme un écho à la notion d’expansion, de rayonnement, de l’énergie humaine et technologique du XIXe siècle dont témoignent encore les bâtiments adjacents. Prenant appui sur les arbres : Structures ancrées dans la terre, qui tendent et s’épanouissent dans les airs. Accrochés à leurs troncs, tendus entres leurs branches, les fluides faisceaux transparents se déploient. Créant une nouvelle dynamique, faite de vibrations, de subtils jeux de clarté, et d’ombres grisées qui ondoient. Transformant la vision de l’espace, passant de l’ombre à la lumière, du terrestre au céleste...

Baudouin Oosterlynck

Opus 184 Mars 2007
Sons de l’ascenseur qui descend et remonte mixés avec d’autres sons personnels.
Variation de l’opus 49 – 1983
“Son descendant du sommet jusque dans le sol et retour. Les toiles déterminent les volumes d’air. Debout ou couché.”

Vincent Strebell

«volumières»
Aujourd’hui, chaque vision nous évoque les images de l’époque et de ses activités. Elles se superposent et s’estompent pour se confondre dans ce grand décor. Continuer ce trompe-l’oeil, par l’installation de trois “volumières”. Trois silhouettes d’acier corten, couleur rouille, qui surmonteront la grande terrasse (socle d’un mètre de hauteur). Une manière de relier visuellement le dessus du bâtiment vers le sol et de prolonger l’atmosphère de ce lieu. Réalisés à partir d’images du site, ces documents superposés produisent un réseau de contours. Inscrits sur un format A4, ils sont ensuite transférés vers le format industriel et découpés dans trois plaques d’acier pliées en volumes, aux positions plus ou moins inclinées ou couchées suivant leurs angles de stabilité respectifs.

Paty Sonville

Etre
Trois lunes d’acier, comme des coques éparpillées sur le sol du passé, leurs structures d’acier faites de barreaux les protègent et laissent apparaître leurs entrailles.
Les lignes se dessinent comme les nervures de la nature, comme la peau qui protège et structure la vie.
“Lune” couchée, se repose, paisible renfermant douceur, rondeur et blancheur de ses galets.
Pure et naïve.
“Lune” sur le flanc échouée, comme la coque d’un navire. Elle laisse échapper par les maillons d’acier la pierre de feu noire, déformée et boursouflée par la chaleur et le travail. Rude et fatiguée.
“Lune” se redresse comme dans un dernier souffle, dernier soupir. Evidée, elle laisse apparaître, voir l’absence de son antre. Il ne reste plus que les traces de son “ETRE”.
Nue et anéantie.

Artour 2007, Ecomusée Bois-du-Luc


Musée Royal de Mariemont - Morlanwelz

Tour des forces

Johan Creten

Au coeur d’un parc splendide, un musée où la Chine et le Japon côtoient l’Egypte, la Grèce et la Rome antique, où l’évocation du passé du Hainaut débouche sur la plus belle collection au monde de porcelaines de Tournai et qui possède, en outre, une somptueuse bibliothèque. Dehors, parmi les arbres, les pelouses et les fleurs, un ensemble unique de bronzes monumentaux japonais, des oeuvres de sculpteurs belges des XIXeme et XXeme siècles et les ruines romantiques du château de Charles de Lorraine.

Artour 2007, Musée Mariemont


Prieuré de Montaigu - Morlanwelz

Ne vois-tu rien venir...?

Le Prieuré de Montaigu a été construit il y a de cela trois siècles. Son histoire est significative de l’évolution de toute la région. En 1615, le curé de Morlanwelz, Sébastien Deppe, chapelain du château royal de Mariemont, reçoit une copie de la vierge miraculeuse vénérée à Montaigu (Brabant). Il l’installe dans le choeur d’une chapelle qu’il fait ériger, avec l’appui des architectes Albert et Isabelle, en bordure de la forêt de Mariemont, sur un plateau couvert de bruyère qui portera désormais le nom de Montaigu. A la mort du curé de Deppe, le prieuré tombe dans l’oubli. Au XVIIIème siècle, Charles de Lorraine, gouverneur général des Pays-Bas, fait construire un nouveau château à Mariemont dont le domaine l’intéresse particulièrement pour la chasse. Le prieuré et ses abords constituent un obstacle à cette expansion. Charles de Lorraine propose à l’Abbaye de Bonne-Espérance, propriétaire du prieuré, un marché, conclu en 1776 : La Vierge du Montaigu est transférée dans la chapelle castrale de Mariemont, le prieuré sera racheté et détruit. L’ordre de destruction est donné en 1777 sous réserve de maintenir les bâtiments de résidence d’un garde-chasse à cheval. Que nous ont laissé les démolisseurs de 1777 ? De la chapelle, rien d’autres que les pieds droits et le linteau d’une porte dont les marques de tâcheron permettront d’identifier l’auteur : Jean Gaudré, tailleur de pierre d’Arquennes. Un autre portail, également de lui, a été replacé, de façon très sommaire, à l’entrée de la cour. Très étonnant, le plafond à caissons peints de rinceaux parsemés d’animaux de la forêt, trouvé au début des travaux de restauration. Le sujet nous fait pensé à la décoration d’une maison de garde-chasse. L’examen comparatif des experts le fait remonter au XVIIème.

Artour 2007, Prieuré Montaigu


Étang du château de Feluy

Marcher sur l'eau

Marianne Ponlot

Marcher sur l’eau, vers nos rivages intérieurs... Mais qui chevauchera ces pas ? Et qui nous portera jusqu’aux ultimes fleuves, quand même la trace s’effacera ? Nos rêves nous construisent autant que nos actes et ce que nous voyons altère le blanc de nos cellules. Ce qui s’écrit avec notre souffle et notre sang s’attache à grandir l’être que nous sommes. Sa lente maturation ensemence le réel de possibles, et notre âme, poreuse, aime cette capillarité. La poésie tend des ponts d’une rive à l’autre du réel... L’âme s’y rafraîchit le corps, abreuve notre mémoire. Elle y reconstruit les châteaux, anime son peuple obscur, abaisse les ponts-levis et nous fait marcher sur l’eau quand les yeux des rivages nous lancent des sirènes chromées. Trajectoires folles ou prudentes... il nous faut planter des ailes !

Artour 2007, Château de Feluy


Château fort - Ecaussinnes-Lalaing

La démangeaison des ailes

Jean-Claude Saudoyez / Gianni Guidi / Sergio Monari/ Giovanni Scardovi / Marco Pellizzola

L’éperon rocheux sur lequel le château fort est construit revêt une importance stratégique depuis l’Antiquité. Les premiers véritables seigneurs du lieu en portaient le nom : tels Wicart, Eustache ou Oste d’Ecaussinnes. En 1357, c’est le seigneur Simon de Lalaing qui, en épousant Jeanne d’Ecaussinnes, devint seigneur des lieux. Jean de Croÿ, chevalier de l’Ordre de la Toison d’or, devenu seigneur d’Ecaussinnes par son mariage (1428), entreprit des transformations, poursuivies par son fils Michel, qui donnèrent au château son aspect actuel. De 1624 à 1854, ce sont les Van der Burch qui se succèderont au château fort d’Ecaussinnes. Il fut ensuite vendu au Duc d’Arenberg, qui n’y habita pas. En 1920, le chanoine Puissant, de Mons, le racheta, le sauvant des ruines. En 1928, c’est le comte Adrien Van der Burch qui racheta le château de ses aïeux et acheva de le restaurer. En 1948, il créa la fondation Van der Burch qui en est l’actuel propriétaire. C’est lui également qui a rassemblé les riches collections de verres, de porcelaines et de grès d’art qui en font un musée, autour du thème « Industrie d’art du Hainaut ». Au nombre des multiples centres d’intérêt qui agrémentent la visite du château, mentionnons : salles meublées, grand salon, chambre à coucher, oratoire. Deux magnifiques cheminées du 16e siècle, aux manteaux sculptés, dont l’une décore le grand salon, l’autre la salle d’armes. Collections de tableaux, sculptures, céramiques, verreries, porcelaines, meubles, armes…

Artour 2007, château fort d'Ecaussines


Plan incliné - Ronquières

Clochers de partout et de nulle part

Nic Joosen

Le Plan incliné de Ronquières a été conçu pour racheter une différence de niveau de 68 mètres sur le canal à 1.350 tonnes reliant Charleroi à Bruxelles. Construit entre 1962 et 1968, cet important ouvrage d’art, sorte d’écluse à sas mobile, est constitué de deux bacs gigantesques (entre 5000 et 5700 tonnes) qui se déplacent sur les 1432 mètres qui séparent l’amont de l’aval. Grâce à son parcours-spectacle, son panorama exceptionnel, ses promenades en bateaumouche, son nouveau Visitor Centre (2004) et ses expositions temporaires, le Plan incliné de Ronquières accueille entre 40.000 et 50.000 visiteurs sur les 6 mois que compte une saison touristique.

Artour 2007, Plan incliné Ronquières

Hôtel d’Arenberg - Braine-le-Comte

Julie Gasemi

Nicolas Dufranne

Ce bâtiment était une maison particulière bâtie très probablement au XVIe siècle. En 1599, elle appartenait à Michel Le Waitte, seigneur de Recq. Le 13 novembre 1652, Philippe-François, duc d’Arenberg, se rendit acquéreur de la propriété. Vers 1720, lors de la démolition de la Halle (ancien hôtel de ville) le duc d’Arenberg l’accorda en location, aux magistrats de Braine. La ville a fait l’acquisition de l’immeuble et l’a fait restaurer en 1905 par l’architecte Charbonelle. Incendié en 1914, il a été reconstruit tel qu’il était auparavant. Lors de la restauration de 1905, les plafonds ont été débarrassés des plâtras dont on les avait recouverts, les sommiers, gîtes et planchettes, nettoyés. Les anciennes cheminées hautes ont été rétablies, de même que les lambris ; les châssis, volets et vitraux à plomb, refaits comme le modèle ancien retrouvé dans les combles ; la corniche, débarrassée de son chenal en zinc ; les lucarnes, restaurées. La toiture a été couronnée par un clocheton abritant une cloche appelée « La Bageole » (étymologie : cloche de la basse geôle, prison de la ville), ainsi que d’une horloge.

Artour 2007, Hôtel d'Arenberg