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ARTour
ARTour 1997

 Ce projet consiste à développer un parcours à travers différentes communes qui accueilleront chacune une exposition d’arts plastiques, axée sur la création contemporaine, dans des lieux inhabituels ou remarquables au niveau du patrimoine régional. Etabli en collaboration avec le Syndicat d'Initiative régional du Centre, le circuit proposé donnera au projet une dimension de découverte de la région.

En proposant un accès à l'œuvre différent, l'initiative vise à sensibiliser le visiteur à la création contemporaine en l'intégrant au patrimoine architectural dans un apport d'intérêts réciproques. De part cette double dimension, la manifestation vise un large public.

La création d'oeuvres in situ est prévue pour cinq des huit lieux d'exposition. D'autre part, les oeuvres proposées seront choisies en fonction des caractéristiques des lieux d’accueil: intégration au site, sculptures en extérieur, références à l'environnement, mise en espace...

La sélection des artistes a été établie par un comité de travail et en concertation avec les différents partenaires locaux. La participation d’artistes reconnus de la Communauté française a été privilégiée.

Outre le parcours individuel, la possibilité d'effectuer le trajet en bus avec accompagnement d'un guide, en partenariat avec le TEC Hainaut, sera proposée pendant trois journées.

Un document sous forme d'une carte signalera le circuit qui sera également fléché. Un catalogue sous la forme d'une farde comprenant une série de fiches, avec reproductions en quadrichromie, présentera les lieux d'accueil ainsi que le travail des artistes.

Eric Claus


Écomusée du Bois-du-Luc - Houdeng-GŒgnies

Emile Desmedt

Toute l’énergie d’Emile se déploie dans un univers questionnant qui établit un jeu changeant de correspondances aléatoires où la brillance d’une pigmentation sombre nargue la sourde lumière d’un rouge mortifié, où des formes acérées côtoient de sensuelles rondeurs, où des apparences létales laissent percer des pulsions qu’engendre peut-être l’angoisse du non-vécu.
Autrement dit, où le vide crée la présence au monde dans un foisonnement de clairs-obscurs objets du désir.

Bernard VANCAMELBEKE


Maison Saint-Vincent - Strépy-Bracquegnies

Jacques Iezzi

Ma démarche actuelle s’inscrit sans doute dans une volonté de conservation, de collection, je réalise des empreintes de troncs de gros chênes qui figent un état à un moment déterminé. Les volumes coulés sur le végétal sont fragmentés en quartiers selon un principe proche du débitage du bois. Des tenons ainsi que des cerclages fixent l’emboîtement des différentes parties de cette matrice artisanale. Son architecture s’apparente à une colonne creuse, c’est un étui qui enrobe, isole, protège du dehors. Bien que fonctionnel et instrument potentiel de reproduction, le moule incomplet, volontairement inachevé, devient un contenant voué à la contemplations, hypothétique cénotaphe ou forteresse.

Sylvie Ronflette

... L'homme parle des objets et l'objet parle de l'homme. Il est tout à la fois témoignage et réceptacle à l'interprétation.
L'installation "le jardin" parle de cette relation d'interdépendance et propose des fragments de réalité en métamorphose. Les objets sont sortis de leur contexte, niés dans leurs utilisations premières, transférés. De l'hybridation naissent les corps-objets et les objets anthropomorphes. Partant d'un réel ( un objet chirurgical, un ustensile de cuisine, un corps, une croyance populaire ), je construis par mon intervention des êtres à facettes. Je les installe ensuite dans l'espace. C'est un échange de formes et de sens. Cette dialectique tente de replacer le visiteur en constructeur de son imaginaire. Tout est double, hybride, interdépendant, modulable, passé et présent.


Home Saint-Jacques - Le Rœulx

Frédéric Gaillard

Nous sommes dans l’hôpital Saint-Jacques à Le Roeulx en Hainaut, une des stations du pèlerinage qui va jusqu’à Saint-Jacques-de-Compostelle en Galice. C’est dans ce silence et hors des sentiers généralement battus (cet itinéraire n’est repris sur aucune carte routière) que s’est installé Frédéric Gaillard.
Il y présente des chemises paraffinées qui pendent au plafond, des fantômes arrêtés dans leur fuite bras au ciel, des spectres pétrifiés cousins de ceux retrouvés dans la lave de Pompéi. Car les chemises prennent corps et le tissus soudain se fait chair.
Au sol, des tubes néon recouverts de paraffine flottent dans un large bassin aux légers ondoiements. L’eau et l’électricité d’habitude ne font pas bon ménage (encore moins que l’eau et le gaz à tous les étages) mais Frédéric Gaillard se joue de la physique et crée ces poissons de lumière (appelons-les “ichtyophotes”). Ces aiguilles qui électrocutent les idées toutes faites sur les beaux-arts.
Dans ses installations, Frédéric Gaillard manipule la dialectique : ses tissus deviennent pierre, ses bouillottes sont de paraffine, ses néons bardés d’ouate étouffent la lumière.
Il nous prouve que la sculpture possède ses propres mécanismes mentaux et qu’elle ne se borne pas à l’imagerie triste et stérile digne des monuments aux morts qui peuplent encore nos musées. Un art qui produit, qui transforme, qui prolifère, qui joue, qui réfléchit, et qui nous aide à vivre.

François Liénard, fév. 97


Château Fort - Ecaussinnes-Lalaing

Jean-Claude Saudoyez

1) L’apparence de cet objet sera l’ensemble des données sensorielles permettant d’avoir une perception ordinaire de cet objet
2) son apparition en est le moule. L’apparence à 3 dimensions sort de l’apparition à 2 dimensions qui en est le moule (formel) (Marcel Duchamp).

Ces bustes sont des apparitions (comme celle de la statue du Commandeur). Ils sont plus que des apparences ou des symboles : ils sont vivants, corps et esprit, ils contiennent les circonvolutions des organes, cerveau, intestins, système sanguin... : ‘un dédale inextricable de ruelles, de carrefours et de culs-de-sac qui ressemble à un écheveau de fil brouillé par un chat” (Victor Hugo).

Et pourtant, ils sont creux, ils sont vides. L’un d’eux est même presque seulement du vide. Il n’est plus qu’une structure aérée sur laquelle a fleuri une rose de sable.

L’apparition recèle l’inconnu, l’indéchiffré, l’indispensable énigme, avec laquelle il faut vivre, qui va grandir en soi jusqu’à faire fondre l’apparence, jusqu’à l’humus fertile où la graine s’ouvrira...

Jean-Marie AUBIER, 1997. Verviers.


Ferme de Scailmont - Manage

Atelier de Pratique expérimentale de l’école des Arts de Braine-l’Alleud

Exercer votre regard sur tout ce qui nous entoure. Prospecter toutes sortes de matériaux. les regarder avec attention, sans a priori. Dégager leurs qualités spécifiques. Les manipuler avec méthode et adéquatement. C’est cela, en somme, notre travail.

Javier FERNANDEZ


Prieuré de Montaigu - Morlanwelz

Patrice Verhofstadt

" Avec ses références au désordre poétique de l'esthétique des années 60 et à la culture punk des années 70, Patrice Verhofstadt construit des installations à l'aide de dessins sur papier, de matériaux jetables et gadgets. Son attirance pour les sujets marginaux et les articles à bon marché n'a pas de rapport immédiat avec le caractère sans valeur de ces choses, mais il imite le design absurde de ces objets singuliers ainsi que l'apparence conditionnée par les exigences commerciales de ces produits"...

Catherine Cosemans


Chapelle Saint-André - Binche

Christian Lapie (F)

..." Il est de coutume, en ce 20éme siècle, de garder ses distances vis-à-vis de l'art, et les installations artistiques telles que celles de Lapie sont évidemment soumises à la critique. On aime associer les oeuvres à autre chose, comme la fuite des Juifs d'Egypte, un train de prisonniers de guerre ou de déportés de camps de concentration. On pense au contexte "land-art", on procède à des comparaisons avec d'autres artistes, on présente les oeuvres de manière chronologique. On brosse d'un seul coup d'œil leur agencement sur le terrain, on refuse "d'entrer directement" dans l'œuvre.

Il est néanmoins vrai que les statues de Lapie ne permettent pas une telle pénétration. Elles éveillent la curiosité, invitent à les regarder de loin et l'on se sent ensuite comme capturés. Ce qui semble fermé de loin, s'ouvre et devient accessible au fur et à mesure que l'on se rapproche et donne alors une impression tout à fait nouvelle. Leur surface mal dégrossie est rugueuse et fibreuse. Un simple piquet de bois informe prend une forme humaine par le simple travail de têtes dans le bois. La surface, imprégnée de goudron noir, est légèrement lisse, comme vitrifiée, le regard est tourné vers l'intérieur. Les veines du bois donnent parfois une impression de vêtement léger. Chacun des sujets acquiert alors son unicité, se distinguant de tous les autres - et chacun pouvant devenir ami ou ennemi.

Christian Lapie a une prédilection pour ce type d'expérience de l'art, un art très direct et empreint de la vie concrète. Il veut offrir aux spectateurs le plaisir d'apprendre à connaître ses oeuvres de façon spontanée et sans a priori, sans culture ou connaissance préalables particulières. L'austérité archaïque et la simplicité de ses statues peuvent se définir ainsi"...

Extrait du catalogue "Dépositions - Chaussée de Mécringes". "Les installations de Christian Lapie", par Anette Kuhn.


Maison de la Vie Rurale - Estinnes-au-Mont

Jean-François Diord

... Ses grandes constructions en bois, à claire-voie, se présentent tantôt comme de monumentales carcasses, tantôt comme des cages de guingois, des roues monumentales qui obéissent à des mouvements variés, souvent hélicoïdaux, et à une constante distorsion des plans captivante pour l'œil.
Qu'ils soient composés d'un éventail de poutres disposées de part et d'autre d'une épine dorsale ou qu'ils s'inspirent d'une géométrie tronquée, ces dispositifs monumentaux, en escalier, ne manquent ni de beauté, ni de poésie, surtout quand ils suggèrent, grâce à cette curieuse disposition vertébrée, la présence mystérieuse du corps animal...

Extrait d'un article de Danièle Gillemon paru dans le Soir 6.96